Télécable

 

23 octobre 2010

Télécable a interviewé Lucy Lawless lors du Festival de Monte – Carlo

Comment a débuté l’aventure Spartacus ? 
Mon mari (producteur de Spartacus, ndlr) a toujours voulu tourner une série sur cette période. Quand Rome a été lancée, ça l’a déprimé, car c’est dans cette direction qu’il souhaitait aller. Mais après avoir vu 300 de Zack Snyder, nous avons immédiatement su qu’il était possible de faireSpartacus. C’est cette technologie-là qu’il nous fallait, et c’est la chaîne Starz qui a eu le cran de financer le projet, qui allait rendre possible notre rêve ! Votre mari a-t-il insisté pour que vous jouiez dans une série aussi sulfureuse ?
Pas nécessairement (rires). Je dois admettre qu’il était un petit peu nerveux au moment de m’offrir le rôle clé de Lucretia. Il s’est véritablement demandé s’il était prêt à voir sa femme faire tant de choses à l’écran avec d’autres hommes (rires). Moi-même, je déteste tourner des scènes de sexe ou de nu. Cependant, elles sont au coeur de Spartacus, et c’est essentiel de les assumer. 

Aucun regret ? 
Au final, on finit par s’y habituer très vite, même s’il vous arrive de croiser, entre deux prises, un figurant qui va se chercher un café, entièrement à poil (rires) ! 

Pourquoi avoir accepté ? 
Je savais déjà à quoi Spartacus allait ressembler, je savais que ce serait une série comme on n’en avait jamais vue avant, et je savais que mon rôle serait bon. 

Qui est Lucretia, le personnage que vous incarnez ? 
C’est une belle salope (rires). Mais pas seulement. Cela aurait été tellement plus simple d’en faire une pure garce… Mais j’ai préféré nuancer mon approche du personnage. C’est une survivante, elle a des failles et c’est ce qui la rend parfois humaine et touchante. 

Est-ce que tourner sur fond vert, sans véritables décors, est un problème ?
C’est difficile, puisque vous êtes sans arrêt en train d’imaginer votre environnement. Et vous devez vous-même y croire, pour que le spectateur y croit. Si vous avez la tête de quelqu’un qui regarde une balle de tennis suspendue au bout d’un bâton, ça va se voir ! Il suffit parfois d’une seconde d’hésitation ou de déconcentration pour qu’une scène soit ratée. 

Pourquoi avoir fait un tel buzz sur la série avant son tournage ? 
Parce que les gens adorent ça ! Aujourd’hui, vous êtes obligé de faire du tapage pour avoir l’attention des médias et du public. 

Pensez-vous que la série est choquante ? 
En surface, peut-être. Mais la série développe une véritable tension dramatique, ce n’est pas gratuit. 

Quelle est la limite à ne pas dépasser ? 
Dans les scènes de sexe, tout est suggéré, rien n’est vrai ! Sur le tournage, personne n’était obligé de faire quelque chose qu’il déteste ou qui le répugne. 

La série respecte-t-elle la véritable histoire de Spartacus ? 
Deux historiens sont en permanence sur le tournage pour vérifier qu’on ne fait pas n’importe quoi. Mais Spartacus n’est pas un documentaire, c’est du divertissement, et notre travail, c’est de vous entraîner dans une aventure à couper le souffle. Si, pour cela, on est parfois obligés de faire quelques entorses historiques, on le fait ! 

Pensez-vous que les fans de Xena pourront être décontenancés de vous voir dans Spartacus ? 
Je crois que j’ai fait ce qu’il fallait pour ça ! Les deux personnages sont totalement différents et il ne peut pas y avoir de confusion possible ! J’ai aimé incarner Xena, mais pendant longtemps, on a cru que je ne pouvais faire que ça. L’étiquette a mis beaucoup de temps à partir. Heureusement, aujourd’hui, je pense que mes fans me voient plus comme Lucy que comme Xena !

Cédric Melon
Télécâble Sat Hebdo